UMR 8135 CNRS - INaLCO

Thème 3 : Littératures en langues africaines, théorie littéraire et pratiques langagières

Coordinatrices : Sandra Bornand et Mélanie Bourlet

Participants : Mélanie Bourlet, Sandra Bornand et Henry Tourneux

Doctorants : Fatouma Mahamoud

Le thème a pour objectif de :

  • discuter les questions méthodologiques et théoriques qui sont pertinentes pour l’ensemble des projets ;
  • analyser les littératures orales et écrites en langues africaines et les pratiques langagières dans une approche pluridisciplinaire ;
  • veiller à une articulation étroite entre les projets pour une perception globale d’une problématique complexe.

Les projets du thème sont complémentaires par rapport à leurs objectifs et aux démarches scientifiques :

  • Le projet 1 est organisé autour d’une problématique représentative – les processus de l’appropriation de l’écrit – à travers l’exemple d’une langue donnée (Peul) ;
  • La réflexion théorique sur un objet – les discours canoniques – est menée dans le projet 2 ;
  • La transmission des savoirs en langues africaines est abordée dans une perspective pratique dans le projet 3 qui ne donne pas lieu à des réunions régulières.

Organisation

Les participants aux projets se réunissent selon un calendrier fixé en commun le même jour, une fois par mois, au LLACAN. La réflexion commune est possible grâce à l’organisation d’un Journée d’Etudes annuelle permettant l’approfondissement théorique.

Présentation des projets

Projet 1 : Processus d’appropriation de l’écrit, l’exemple du peul

Coordinatrice : Mélanie Bourlet

Le projet Peul s’inscrit dans la continuité des réflexions sur l’appropriation de l’écrit et le rapport entre oralité et écriture initiées lors du précédent plan quadriennal. Il est également en lien avec les projets ELLAF et Discours canoniques dans leurs modalités linguistiques.

Langue transnationale au statut sociolinguistique variable d’un pays à l’autre, la langue peule pose des questions auxquelles sont confrontées d’autres langues africaines : (a) Quels sont les moyens de transmission de la langue et des savoirs véhiculés par cette langue ? (b) Quelles sont les pratiques langagières en contexte migratoire ? (c) Quelles pratiques scripturales multiples en l’absence d’instances régulatrices et d’outils de référence ? (d) Comment se pose la question de l’orthographe dans cette langue ? Les résultats attendus du projet sont 1) l’établissement et l’édition de textes oraux et écrits en peul 2) de doter la langue peule d’ouvrages de références.

Projet 2 : Discours canoniques dans leurs modalités linguistiques

Coordinatrice : Sandra Bornand

Collaborateurs externes : Marie-Rose Abomo-Maurin (Université de Yaoundé), Alice Degorce (IRD-IMAF), Abdoulaye Keïta (Université Cheikh Anta Diop de Dakar, IFAN), Cécile Leguy (PARIS III-Lacito), N’Diabou Séga Touré (Université Cheikh Anta Diop de Dakar-IFE), Françoise Ugochukwu (Open University).

L’objectif est, d’une part, de mieux cerner les productions littéraires, dans leurs particularités socioculturelles, linguistiques, énonciatives, par rapport à d’autres pratiques langagières et, d’autre part, d’analyser celles-ci du point de vue de la circulation des textes et de l’intertextualité. D’une façon générale, nous nous intéresserons aux modalités linguistiques de tous les énoncés canoniques, ce qui nous permettra de comprendre les relations entre les modes d’expression réputés littéraires et d’autres pratiques langagières, en particulier d’un point de vue énonciatif. Pour ce faire, nous discuterons dans une perspective interdisciplinaire les travaux réalisés en ethnolinguistique et en littérature. Cette réflexion sera l’occasion de repenser notamment la question des frontières de la littérarité. Le domaine dit littéraire a en effet des frontières labiles selon les cultures et il ne s’agit, de toute façon, jamais d’un vase clos. Il est au contraire en interaction permanente avec l’ensemble de la pratique langagière (ne serait-ce que par le biais du collage et de la citation) et c’est dans son rapport à cet ensemble qu’il trouve son sens et sa fonction.

Prochaines séances :

Depuis octobre 2015, les réunions de discours canoniques se font en vidéoconférence avec le Burkina Faso (IRD, Ouagadougou). Un petit groupe est en train d’être constitué autour d’Alice Degorce (IMAF, IRD), qui va s'installer là-bas pour plusieurs années.

Séances passées :

  • 8 décembre, de 10 à 12h (Villejuif, salle de conférences) : séance à partir de Ouagadougou mais diffusée dans la salle de conférences : deux jeunes chercheurs burkinabé, Edwige Traoré et Boro Boukary (sous la coordination d’Alice Degorce, IMAF) ; ceci dans le but de développer la coopération et la connexion Paris-Ouagadougou.

    1) Edwige Traoré (Institut des Sciences des sociétés, Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique, Burkina Faso, & doctorante au Laboratoire ligérien de linguistique, UMR 7270 CNRS-Universités d’Orléans et Tours, Bibliothèque nationale de France (France) : Le sɩ̀cànɛ́, un genre oral tagba. Résumé...

    2) Boro Boukari (Docteur de l'Université de Ougadougou 1 & doctorant Université Paris Sorbonne Nouvelle Paris 3, Lacito) : La devise de lutte san : des formules de lieu commun à la créativité. Résumé...

  • 10 novembre 2016, de 10 à 12h (Villejuif, salle de conférences) : Marie-Clémence Adom (Université de Cocody, Abidjan, Côte d’Ivoire) : De l’absence de canon à une esthétique de l’anti-norme dans le zouglou, poésie urbaine de Côte d’Ivoire Résumé...
  • 13 octobre, de 10 à 12 h (Villejuif, salle de conférences) : Elara Bertho (doctorante, Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, Thalim) : Fabrique d’un canon: entre archives coloniales, fait littéraire et culture populaire (Sarraounia, Niger) Résumé...
  • 07/04/2016 : exceptionnellement, la réunion aura lieu toute la journée en salle 311 avec deux interventions :
    - Lobna Mestatoui (docteure en littérature) de 10 à 12 h : « Ahmadou Kourouma et la réactualisation du patrimoine oral: réécritures et subversion des codes ». Résumé...
    - Xavier Garnier (Professeur à l’Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3, UMR 7172-THALIM, Théoriie et histoire des arts et des littératures de la modernité, ED 120 - Littérature française et comparée) de 14 à 16h : « Ecrivains swahilis entre injonctions normatives contradictoires ». Résumé...
  • 17/03/2016 : Hugo Ferrand (post-doctorant, associé au CREM)
  • 10/12/2015 : Katell Morand (Université Paris Nanterre). Résumé...
  • 05/11/2015 : Graham Furniss (SOAS), Debating value and the Hausa literary canon. Résumé...
  • 08 octobre 2015 : Ndiabou Touré (Université Cheikh Anta Diop de Dakar), Réflexions sur la canonicité à partir de l'évolution du taasu du contexte traditionnel et aux contextes musical et publicitaire au Sénégal. Résumé...
  • 28 mai 2015 : Samia Khichane (doctorante de Paris 3) et Evelyne Larguèche (LAS-EHESS), Modalités canoniques de l'injure en Kabylie : transgressions langagières et frontières symboliques. Résumé...
  • 16 avril 2015 : Marie-Rose Abomo-Maurin (Université de Yaoundé 1). Résumé...
  • 26 mars 2015 : Réflexion collective
  • 5 mars 2015 : Marie Lorin (doctorante INALCO / LLACAN), Du canon à la marge, évolution de la poésie orale peule (Pékane) des pêcheurs de la vallée du fleuve Sénégal . Résumé...
  • 4 décembre 2014 : Awa Traoré (doctorante à l'Université de Madrid) et Jean Derive sur les contes dioula de Kong (Côte d'Ivoire)
    Résumé...
    Répertoire de contes femmes
    Répertoire de contes hommes
    Répertoire de contes hommes & femmes
  • 13 novembre 2014 : Kristin Vold Lexander (Université d'Oslo) sur les SMS au Sénégal Résumé...
  • 9 octobre 2014 : Lee Harring (New York) : Deux ou trois choses que je connais des contes comoriens
    Résumé...
  • 25 septembre 2014 : Julien Barret, Rap et poésie peule : une performance guidée par le rythme et la rime. Les canons de la poésie orale. Résumé...
  • 15 mai 2014 : Bilan et discussion collective
  • 3 avril 2014 : Sébastien Boulay(Université Paris-Descartes-CEPED) et Catherine Taine-Cheickh(CNRS-Lacito), Poésie, critique et politique dans l'Ouest saharien (Mauritanie et Sahara occidental) : canons et transgressions
    Résumé...
  • 6 mars 2014 : Paulette Roulon Doko (CNRS-Llacan), Récit et canon, réflexion à partir d'exemples gbaya
    Résumé...
  • 13 février 2014 : Dominique Casajus (CNRS-EHESS-Centre d’histoire sociale de l’Islam méditerranéen), Inscriptions rupestres en pays touareg : un discours canonique en version graphique.
    Résumé...
  • 15 décembre 2013 : Françoise Ugochukwu (Open University, Londres), Le vidéo film Igbo et ses particularités
    Résumé...
  • 14 novembre 2013 : Jean Derive (Université de Savoie-Llacan) , Les incidences linguistiques (phonologie, morphologie, syntaxe) des propriétés canoniques de quelques genres du discours en pays manding
    Résumé...

Projet 3 : La transmission des savoirs en langues africaines

Coordinateur : Henry Tourneux

L’objet de ce thème est de réfléchir à l’utilisation des langues dans le cadre de ce qu’il est convenu d’appeler le développement, tout en en menant une application concrète sur le terrain. La situation sociolinguistique en Afrique dite francophone implique que soit prises en compte simultanément langues africaines et langue française. En effet, sous l’influence des médias (radio, télévision) et des brassages de population, le français fait de plus en plus partie du répertoire linguistique des Africains des pays de référence. Paradoxalement, son utilisation pose autant de problèmes au linguiste que celle des langues africaines véhiculaires. Problème de la variation, de l’écart par rapport au standard notamment.

Dans une précédente étude, nous avons cherché à trouver une méthodologie qui permette de transmettre les savoirs locaux en langues africaines et dans le cadre scolaire (Tourneux Henry, 2011, avec la collab. de Boubakary Abdoulaye et Hadidja Konaï, La Transmission des savoirs en Afrique : Savoirs locaux et langues locales pour l’enseignement, Paris, Karthala, 304 p. + 1 DVD). Etaient concernés les savoirs du terroir, que les adultes ont de moins en moins l’occasion de transmettre aux enfants dont la relation aux parents est profondément modifiée par l’école moderne.

Dans l’actuel projet, il s’agit de faire passer des savoirs modernes et exogènes du niveau de leurs concepteurs (ingénieurs agronomes) à celui des apprenants (élèves des écoles d’agriculture) et des paysans. Partant d’une soixantaine de thèmes techniques déjà rédigés en français technique, nous devons en produire une nouvelle rédaction simplifiée en français et accessible en fulfulde de niveau véhiculaire. Nous nous appuyons en partie sur une étude précédente (Tourneux Henry, 2006, La Communication technique en langues africaines : L’exemple de la lutte contre les ravageurs du cotonnier (Burkina Faso / Cameroun), Paris, Karthala, 158 p.) portant sur une expérience menée aussi bien au Cameroun qu’au Burkina Faso.

Un financement du PRASAC (Pôle régional de recherche appliquée au développement des systèmes agricoles d’Afrique centrale), organe de la Communauté monétaire et économique d’Afrique centrale (CEMAC, en passe de fusionner avec la CEEAC) a permis de réaliser le travail avec deux collaborateurs locaux (l’un de niveau master 2 et l’autre de niveau baccalauréat). Le siège du PRASAC était à N’Djaména (Tchad). Les travaux ont été remis à la fin juin 2014.